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Je suis Candidat aux Élections Municipales dans ma ville de Nice... et il me reste tout à construire. Sauf à réfléchir et à prendre la décision. L'essentiel est donc fait.

J'ai patienté longtemps dans l'espoir de voir apparaître une liste ou au moins une tête de liste digne de recevoir mon suffrage. Aujourd'hui, à 4 mois de l'échéance et en l'absence de figure providentielle, je me lance directement. Plutôt habitué à l'ombre, j'ai, bien sûr, beaucoup de réticences à monter sur l'estrade. Mais, ceux qui me poussent me disent, comme un argument décisif : "A un moment, faut prendre ses responsabilités !" Alors, je les prends.

J'aurais volontiers réitérer mon vote pour mon ami Patrick Mottard, candidat de Gauche Autrement en 2008. Il ne renouvelle pas l'expérience et, comble de déception, son association soutient et participe à la liste présentée par le PS (celui-là même qui avait exclu la plupart des adhérents de Gauche Autrement - Va comprendre !). C'est donc rédhibitoire ! Une liste MODEM aurait fait mon affaire. Mais il semble que la nouvelle "Alternative" l'empêche. Une liste MODEM-UDI aurait pu me satisfaire aussi. Mais là encore, l'UDI locale étant plus que liée avec le maire sortant et l'UMP, c'était impossible.

Mon positionnement de Centre-Gauche-Libéral-Humaniste (dans l'ordre qu'on voudra) aurait pu être séduit par une candidature dissidente. Un PS opposant au candidat local, un PRG ne jouant pas le jeu de la majorité présidentielle, un MODEM anti-UDI, un UDI anti-UMP, voire un mélange de tout cela (mélange, si j'en crois mes informations pas tout à fait exclu). Bref, il me faut y aller. A ce stade, j'invite ceux qui pensent que je bluffe à se diriger directement vers la dernière phrase de ce billet. (C'est comme chez IKEA, il y a des raccourcis).

Lorsque je dis qu'il me reste tout à construire, je pense au pratique et à l'opérationnel, car l'amont est en place. Et depuis longtemps. La stratégie, l'ambition, le squelette du programme et la philosophie de la candidature n'ont pas attendu le coup de sifflet de mon impatience.

Il va donc me falloir trouver quelques fonds... perdus d'avance puisque je ne suis pas dupe, ma candidature n'emportera pas suffisamment de suffrages pour obtenir un remboursement des frais de campagne. Je devrai également trouver 68 colistiers et colistières. Une formalité ! Comme tout le monde, je saurai agrémenter ma liste d'un ou deux handicapés (moteur, c'est mieux, plus visible), un ou deux Noirs, mais je dirai "personnes de couleur", je suis prudent, quelques présidents d'associations, des boulistes aux bridgeurs venant de quartiers huppés et pourris (il faut les deux), j'activerai mes réseaux d'Italiens de la Côte, c'est le minimum dans une ville où on a tous en nous quelque chose de l'Italie, je ferai une bouchée du vote des "communautés visibles" grâce à mes amis d'origine maghrébine et je ferai la même chose avec les Pieds-Noirs grâce à mes amis de là-bas, dis. Pour les sportifs, je mettrai en avant mes dix marathons, pour les blogueurs mes trois blogs et pour les pessimistes, mon optimisme. Deux ou trois ajustements se feront en dernière minute, comme une belle affiche et l'hymne de campagne ; je pense à l'Age d'or de Léo Ferré ou Very Nice de Claude Nougaro. Et ce sera l'heure d'enfiler nos tee-shirts orange (couleur disponible cette fois-ci) et de nous pointer aux feux rouges ou de traîner au marché de la Libé, en serrant des paluches et en expliquant que notre liste, et c'est la grande nouveauté, n'est pas contre les autres listes, elle est pour. En votant pour nous, on vote pour tout le monde. On simplifie la vie et on simplifie la ville en même temps.

Mais, chaque chose en son temps. Nous aurons, sans doute, l'occasion de détailler tous les points de notre offre politique. Pour l'heure, il s'agit de prendre date et de compter sur l'échiquier. Aussi, retenez-bien le nom de la liste et votez pour "La joie sérieuse", lista la bella !  

Et si malgré la limpidité de mon développement, il se trouve encore quelques sceptiques, je leur dis : 

Vous avez raison, je bluffe.