Elles ne sont jamais plus féminines qu'avec une chemise d'homme trop longue sur des jambes nues. Même les plus ingrates y dévoilent d'insoupçonnables charmes. Pour peu que la chemise soit la vôtre, vous êtes doublement touché, peut-être même coulé.

09 avril 2016 (43)

Le café chaud sur le plateau et la terrasse baignée de petit matin de juin complètent le tableau. La chemise est blanche et les sourires aussi. C'est l'aube de la vie, le jour de votre naissance. Même à pas d'âge. Au diable les régimes et les bonnes résolutions, les tartines beurre-confiture s'engouffrent de plaisir, les cuillères se lèchent avant d'être posées et les projets du jour s'apprécient dans la préparation. Luxe d'instant-roi où toutes les planètes s'alignent. Conscience d'instant présent qu'on va essorer jusqu'au bout avec calme, en douceur. Avec aussi la certitude que le monde est beau. Parce que le monde est beau.

En option, le câlin déboutonnera la chemise, café dans l'estomac. La journée pourra ouvrir ses portes sur l'extérieur, les coeurs ont fait le plein de bon et de beau. On pourra récupérer ses vêtements et elle enfilera une robe légère à pois et à bretelles. Les couleurs s'inviteront pour rendre encore plus frais un jour nouveau.
La chemise sent bon la femme et l'amour, on a gagné au loto de la vie, pour la vie. Les grains de sable s'en vont construire des plages ailleurs, le couple est bien huilé, toutes les ondes sont partagées.
Le monde peut s'écrouler, on sauvera ces morceaux d'éternité du chaos. On aura fait sa part de bâtisseur de Bien en vivant ce moment pour ce moment.