20170503_112758

Encore une fois confondre Musset et Vigny, avoir envie de fraises et de Moustaki, chercher le soleil entre les effluves du figuier.
Avoir la nostalgie du futur, regretter de ne pas y séjourner longtemps, tricoter son chemin les bras en avant.
Cultiver son jardin à l'ombre des bibliothèques, crépiter dans son ventre les braises du savoir, s'assoupir satisfait d'avoir monter les parpaings.
Vivre dans un livre d'histoire et un pays de droits acquis, houspiller les pauvres qui se voudraient bourgeois, s'asseoir en hauteur et contempler les ruines.
Rêver d'une seconde vie aux multiples facettes, labourer sans relâche la tête dans les nues, penser avec les mains dans un cambouis symbolique.
S'inventer des novembre aux bourgeons printaniers, s'ouvrir des barrières de péage par la force de l'esprit, attendre en confiance l'éclosion de plénitude.
Sourire à son miroir sans paraître neuneu, archiver son passé dans des clés USB, tapisser de rouge les sentiers à venir.
Écrire au kilomètre sans plus d'ambition, accoucher de claviers en pleins et en déliés, troquer ses armes contre une pâquerette.
S'en aller mains ouvertes droit devant, pallier au moins pressé sous un pinceau coloré, courir au ralenti vers des aubes du soir.
Planter des mélodies dans un champ vallonné, perdre le souffle d'un excès d'affection, choisir l'élévation une bonne fois pour toutes.
Rire des temps de charbon, jouir des leçons de souffrance, glisser sur l'expérience.
Inventer des chansons douces, hurler des mots sans consonnes, siffloter des brins d'herbe.
Entendre des perruches réveiller nos sens, caresser l'horizon du féminin du monde, chanter des aurores aux aurores.
Encore une fois confondre Monet et Manet, avoir envie de figues et de Marseillaise, chercher l'amour dans l'effeuillage de Marguerite.