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Il est bon de savoir replier ses ailes pour leur faire fendre l'air et la réalité, jouer de leur mouvement pour aller de l'avant, ne plus les brûler face aux charbons ardents, aux vents violents. Saisir le sens de l'aérodynamisme n'est pas se replier, c'est se laisser porter par la nature et l'intelligence. Paravents puis parapluies, éventails et grand-voile, elles protègent nos récoltes et nous laissent cultiver nos jardins loin des sunlights et des infarctus. Pales de moulin plutôt qu'oiseaux aveuglés par le phare, elles créent l'énergie canalisée.

Il est bon de calmer ses passions sans en perdre une étincelle, moteur à explosion sans à-coups, puissance du tréfonds en douceur, tranquille force sans flonflons ni artifices. S'écraser sur Goliath pour ériger sa statue n'apporte que posthume et dérisoire gloire. Infuser au long cours le suc du vivant, compact, épais, mercure lourd d'authentique a plus de sens et invente le panache des coulisses. La tempérance ménage sa monture.

Il est bon d'aller sifflotant des airs légers et solides, volatiles et sensés, glisser sur le sol, coussins d'air sous le pied effleurant le terrestre, filer sans effort vers l'horizon sans fin comme pinceau d'aquarelle inventant l'horizontal. La suspension vaut son pesant, trait d'union entre terre et nues. Un dessin de Folon fend le quai en deux d'un trait délicat, les voyageurs se figent. Plus loin, l'arc-en-ciel attend les mots qui diront sa beauté.

Il est bon d'être à bon port et en mouvement, à la juste place que le temps a modelée et que l'introspection a choisie, creuser son tunnel à l'envers pour découvrir la pépite de demain, racler les strates de passé pour aller loin devant. La paix passe par le dépouillement de ses oripeaux. L'apaisement dira la vérité et la chenille sera papillon.