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Qu'il est bon quelques fois, pas trop souvent, de poser son esprit sur le matelas de la mélancolie, retrouver ses madeleines sans nostalgie, ressentir son enfance sans regrets ! Relâcher ses tendons, abandonner ses organes et aspirer les pensées pour donner rendez-vous au cocon de sa boîte à souvenirs, amicale compagne d'un chemin d'avenir.

Couché sur le passé et les jambes impatientes, on se laisse porter à trois mètres du sol par un TGV champêtre aux vapeurs de lilas. Douce et joyeuse mélancolie qui n'oublie pas le réel et n'hypothèque pas l'instant, elle fluidifie le tout, torrent de printemps quittant les sommets pour nous guider vers la mer sur une musique d'eau caressant les cailloux de ses muscles translucides, élancés, tendus et vigoureux. Enveloppe diaphane consolidant le vécu, elle est tout à la fois filet et marche-pied. 

L'imprimante en 3D se nourrit de l'odeur de paille enregistrée depuis des décennies et le parfum de la maîtresse de CE2 s'invite sans qu'on sache pourquoi à la lecture d'un relevé de carrière. On en mesure sur l'épiderme la valeur de l'historique sans sombrer dans un passéisme plombant. La communale et les genoux écorchés n'entament pas le moral en comptant les années. Ils sauvent de l'oubli des tuteurs familiers qui construisent et accompagnent en cachette, derrière le rideau. Nous sommes immenses claviers aux multiples boutons qui déclenchent des souvenirs, des relents, des émotions que notre esprit vivant et discret se plaît à titiller. Nous en serons virtuoses compositeurs d'un présent déjà futur et compost sain pour nos petits-enfants. Sentir, ressentir et ne pas regretter. Regarder devant avec ses forces passées. Se servir de l'odeur du chocolat chaud du nom de Van Houten pour créer de nouveaux breuvages tout aussi puissants.

Mélancolique état qui pose des mots comme ça, pour rien, pour dire la joie, pour lire demain.