25 juillet 2017 (66)

Parfois, on est en suspens sans être suspendu. Comme un papillon décidé à jouer l'hélicoptère avec ou sans battement d'ailes, on survole le tout. Détaché et pourtant là, on attend la scène suivante, certain qu'à tout instant on pourrait décider du mouvement parfait en fonction du spectacle extérieur. Et on peut tenir longtemps. Aucun fil qu'on ne maîtriserait pas ne peut nous contraindre ou nous retenir. Le vol suspendu est de notre seule volonté et de tout notre état intérieur.

Les choses vont bouger, les évènements se succéder et tel un samouraï qui ne porte qu'un coup, on aura le geste juste à l'instant juste. On dépend du tout sans le subir, le pouvoir sur nous est en nous. Jamais ailleurs. Libre et responsable, on guette, détendu, serein, confiant, les mouvements extérieurs et comme un ressort prêt depuis longtemps à toute éventualité, on tirera la bonne carte. Échec et mat. Partie gagnée. Par tout le monde. Sans le savoir l'état d'excellence intégré aura conjugué concentration forte et détente totale, intelligence analytique et foi inébranlable. L'issue est certaine car l'attente est sereine.

Immobile et tranquille, on fait confiance au monde qui nous fait confiance. Et le tour est joué. Advienne que pourra. La réponse sera bonne, même si elle peut être amère. L'arc tendu sans effort prolonge l'esprit clair et déterminé à ne point mener le combat, à produire la beauté en insufflant la perfection.

Le temps ne suspend plus son vol, il obéit à notre trajectoire, à notre rythme, à ce souffle doux et long qui l'oblige à prendre le même train, coup de crayon fin qui file sur des parfums champêtres au son de flûtes indiennes. Des effluves de figuier jouent les locomotives. On coussine comme un chat sur des tapis de fleurs. On glisse vers la poésie ou le paradis, on ne sait pas vraiment. Enveloppé d'éther et d'éternel, on attend que la joie soit. C'est notre action.