13 septembre 2017 (11)

La matinée s'élève et nous n'y pouvons rien. Aucun ordre supérieur, aucune injonction. Elle se lève. Le jour est là. Quoi qu'il soit arrivé dans l'obscurité. L'atroce et le divin ont droit à leur clarté. On tirerait les volets, les rideaux ou les paupières que rien n'y ferait, le jour est là même caché. Il prend la place. Même brumeux, épais, maussade. Il est lumière.

Il éblouit certains de joie, d'autres de peurs. Il éclaire la réalité, douce ou tragique, fade ou pétillante. Le jour durera même en phase descendante, plus courbé, moins vivace, déjà sur le toboggan vers le crépuscule, il n'en sera pas moins vie, jour vivant, respiration.
Nul ne peut éteindre la lumière, les nuages ne sont que voiles trompeurs, derrière est la clarté. Un souffle d'éclat reste étincelle d'espoir et source de feu de joie.

La matinée est reine. Elle étirera ses couleurs jusqu'au soir bâillant au soleil et enveloppant les champs de semences qu'il faudra savoir arroser, récolter, vivifier. Les bras vaillants et le moral au zénith, les coudes serrés les uns aux autres, la marche en vaut la peine, les foins chanteront sous tous les horizons qu'on saura peinturlurer à l'esprit flamboyant.

Passé midi, les jambes plus lourdes, il faudra savoir ralentir l'ascension et freiner la descente. Le jour durera et nous le goûterons apaisés et sereins à l'aune des crapahutages vaillants des matinées courageuses et des semailles flamboyantes. Tranquilles.

La vie s'invite et nous n'y pouvons rien. Alors épousons-la, faisons-lui l'amour et des enfants, des livres d'Histoire et des reflets d'or pour les nouveaux arrivants.
Le jour se lève et nous n'y pouvons rien. On lui casserait les pattes qu'il se relèverait stoïque et réparé. Le jour se lève. Tant mieux.