26 avril 2018 (11)

Je n'en aurai jamais fini de déforester mes certitudes. Celles qui sont venues prendre racine en lieu et place des précédentes. Celles qui finiront avalées par un réel nouveau dont les jours sont comptés.
Je prends aujourd'hui le pari de la ringardisation de mes nouvelles découvertes, censées apporter un éclairage révolutionnaire sur l'écran de mes pensées. Un jour viendra.
J'accepte les roues qui tournent et les chemins infinis, les balles neuves et les pages blanches, les souvenirs flétris et les croyances new-look. Dans le tourbillon de la vie, dit la chanson.

Demain jaunira. Et le savoir, c'est le goûter plus que le perdre. Question d'état d'esprit.
J'ai étanché ma soif et bientôt j'aurai la bouche sèche. J'ai fait des plans sur ma planète et construit des châteaux pas seulement ibériques et tout a filé. En bien, en mal, qu'importe ! Le tissage a tenu puis s'est effiloché. Je suis content qu'il ait vécu, qu'il ait joué son rôle et tout autant qu'il protège la mémoire et mâtine les souvenirs. Tout est riche d'histoire et d'instant fuyant. La vie glisse et imprime sa marque. Fuite et labour, ce qui fut, est.

Elle est belle pourtant cette forêt de certitudes. Rassurante, confortable et protectrice, elle nous épaule un temps, nous aide à cheminer droit, haut, loin. Puis la première clairière apparaît, le soleil aveugle et bouscule. Nous sommes tiraillés entre horizon et couche. Mais toujours, les pas vont vers l'espoir. Ou devraient y aller. Alors, de clairière en clairière, la forêt elle-même devient lumineuse. Et se succèdent les nouvelles et belles certitudes. Printemps plein de promesses, elles suivront le rythme des saisons. Tourbillon de la vie, je sais ton tragique et je sais mes faiblesses. Je connais mes limites et accepte mes révolutions. C'est un soleil de cendres et de flammes, de pire et de meilleur.