29 juin 2018

L'albatros-papillon

L'albatros a pris l'âme du papillon. Et sa légèreté. Et sa souplesse. Et le sentiment de son éphémérité.Il fait froid à l'étage des nuées. Et qui lui en voudrait de venir caresser les coquelicots, de se rassasier aux nourritures terrestres, de se hâler les ailes au soleil ordinaire ? - Virevolte albatros et repose tes ambitions ! Au ras du sol, il est des parfums inconnus qui sentent autre chose que le commun. Ce n'est pas qu'une pause, qu'une récréation. Tu pourras faire planer tes exigences sur des esprits vulgaires. Qui sait, tu... [Lire la suite]
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25 juin 2018

Le stylo-plume

J'ai rechargé le stylo-plume avec solennité. Il ne sert plus beaucoup. Quelques notes sur le côté, une signature. Pas plus. Mais chaque fois que je lui remets du carburant, il n'oublie pas de me renvoyer dans le passé. Et un passé lointain de surcroît, celui qui ne nous lâchera jamais, celui qui nous poursuit, en bien et en mal, en cachette souvent. J'ai nommé l'enfance. On aura beau tenter de la partager, on sera toujours en deçà des émotions, des souvenirs, des odeurs furtives qui s'invitent. On reste seul avec son enfance et ses... [Lire la suite]
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13 juin 2018

Ramener la couverture au petit matin

Ramener la couverture au petit matin et s'en faire des métaphores à n'en plus finir. Se mettre à l'écrire et courir après les mots qui dévalent la colline. S'en étonner puis croire au premier pas qui ouvre les portes. S'en aller par le chemin sans crapahuter, se laisser glisser sur le toboggan des lettres qui s'alignent. Ne pas revenir en arrière et laisser faire. Faire confiance. Suivre le doigt qui pianote et le croire créateur. Subir son dictat. Victime consentante, on ne tente rien qui puisse couper le fil. Laisser couler. Le... [Lire la suite]
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03 juin 2018

Être le fil

J'ai rendu les clés du brouhaha, repris mes sandales jaunes et posé un haïku sur le guéridon. Il fait doux. Les obligations attendront. Rien n'est grave. Demain il fera jour ou pas, ce n'est pas le problème d'aujourd'hui. Aujourd'hui, il fait jour. Pour hier, allez frapper plus loin, je n'y suis pour personne. La cerise a rendu l'âme et le jasmin embaume. Le livre a replié ses bras, il s'impatiente de moi. J'arrive. Je bouge sans excitation. Un actif au pas lent m'a enveloppé. Et j'avance. Plus loin que vite, le pas ferme et doux,... [Lire la suite]
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