18 juillet 2018 (8)

Les vagues cachent leur respiration. Le calme plat comble plus que le mouvement. Les hauts et les bas sont le même élan vital, on ne les remarque plus. Acceptés, ils dessinent sur la vie, un fil rectiligne en apparence et aucune tempête ne saurait bousculer ce cycle infini.
Un trou d'air, une excitation, une pause ou des palpitations sont imperceptibles sur la longueur du trait. Tout est dans le tout. Le temps relativise le temps. Inspiration douce, expiration lente et ainsi glisse le pinceau. Les chaos passés ont arrondi leurs crêtes et les chocs à venir ne sont pas d'actualité.

C'est le regard, le vainqueur. Il voit, ajuste et décide d'exacerber l'événement ou de le laisser passer. Et tout s'en trouve transformé. La vie prend les plis qu'on lui donne. Les dunes tranchent moins que les arêtes et le vent lisse le sable qui se laisse faire. Les murailles offrant résistance finissent par céder, à bout de forces.

Éloge de la souplesse encore, du doux et du persévérant. En confiance. Le laisser-faire a ses vertus. Le temps des durs labours a vécu et pourtant il devait être. Pour pouvoir offrir sa récolte qu'on goûtera avec lenteur, qui durera de longues saisons. C'est le temps du coureur de fond, de l'économie saine, de la sobriété résistante. La tempérance décidée ou subie remporte la partie. Glisser sur la faible ondulation du temps pour mener sa frêle carcasse vers des jours apaisés et des conforts mérités, c'est une inclination sage. Que les coups de boutoir et les passions insensées passent leur chemin ! Nous sommes au coeur de la récompense.
La joie sérieuse cultivée offre une joie heureuse et apaisée. C'est l'heure.

La mer étale se fait couche qui berce les sensations et les souvenirs, les bilans et les acceptations. Les bleus passés se sont fondus entre mer et ciel ; ils nous accompagnent comme une richesse, des épines broyées puis transformées en ressources.
Dormir sur l'horizon, les yeux et l'esprit grand ouverts et ne plus sentir les minuscules dos-d'âne, est une délivrance.