17 avril 2017

Le jour de clarté

Le trop-plein de joie crée parfois le vide. L'air se raréfie alors qu'il emplit le corps. Il déborde et c'est l'oxygène qui étouffe de bien-être. Trop plein et tout vide. Le mouvement se paralyse, on ne sait plus où donner de l'action. Trop à faire et rien à faire. Immobile de trop de désir. L'amour de la vie en bandoulière on chemine sans autre carburant et sans autre besoin. Tout est là. Complet. Compact. Parfait. Tout est bien. Mais l'estomac se creuse en apnée de nourriture, vide de tout ce qui est inutile, plein d'essentialité.... [Lire la suite]
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12 avril 2017

Pas à pas

Dans la foule, j'ai regardé les pas. Les pas des uns, les pas des autres, les miens. Chaque pas va vers la mort, chaque pas approche de la finitude. Même les pas des immobiles vont vers la mort. En marchant vers l'espoir, on marche aussi vers elle. Mais nos peines comme nos joies ne sont véritable Joie qu'avec cette conscience-là. Pour bien aimer la vie, il convient de d'abord aimer la mort. Avec sérénité, avec acceptation. Et seulement nous pourrons goûter la vie. Pas en profiter, comme le dit la banalité qui voudrait qu'on... [Lire la suite]
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06 avril 2017

Des ailes au conditionnel

On habiterait une goutte d'eau climatisée. On rebondirait sur un chemin champêtre sentant bon l'enfance. On pourrait être larme sans tristesse ou poire sans soif, vecteur de souple et pluie de bien. On irait voir les pêcheurs ramener les filets et les boulistes jurer en marseillais. On tirerait des caddies à roulettes débordant de fruits d'été l'été et de fruits d'hiver l'hiver. On ferait de la ratatouille et du tiramisù à l'abri des jaloux. On s'enlacerait d'amour sans rien devoir à personne et en chipant des comptes qu'on ne... [Lire la suite]
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01 avril 2017

Une chemise d'homme

Elles ne sont jamais plus féminines qu'avec une chemise d'homme trop longue sur des jambes nues. Même les plus ingrates y dévoilent d'insoupçonnables charmes. Pour peu que la chemise soit la vôtre, vous êtes doublement touché, peut-être même coulé. Le café chaud sur le plateau et la terrasse baignée de petit matin de juin complètent le tableau. La chemise est blanche et les sourires aussi. C'est l'aube de la vie, le jour de votre naissance. Même à pas d'âge. Au diable les régimes et les bonnes résolutions, les tartines... [Lire la suite]
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16 mars 2017

Retour vers la littérature

Comme le peintre a ses périodes, bleues, fauves ou surréalistes, le lecteur que je suis, a les siennes.Depuis de nombreuses années je délaissais la littérature sans l'occulter totalement cependant. Mais les essais et les livres techniques m'occupaient largement. Encore cet irrépressible besoin d'apprendre qui m'accompagne depuis toujours, me poussait à de l'utile. J'avais un peu oublié combien j'ai appris dans le passé dans les romans, les petits et les grands auteurs, les classiques et les modernes.Je me suis donc promené dans la... [Lire la suite]
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07 mars 2017

Moins le quart

Il était moins le quart. Il passa un bouton d'or sous son menton ; elle aimait le beurre. Salé, ajouta-t-elle. Nul n'est parfait. Ne pas juger, ne pas fuir. Ne pas en faire un critère éliminatoire. Elle aimait aussi le café long et tiède. Cela commençait à faire beaucoup, mais il insista. Il caressa son visage de deux mots d'amour jaunes et timides. La réponse ne tarda pas à venir. Elle bronza instantanément. Sa peau claire fit ressortir des îles de beauté et quelque rousseur d'émotion. La frange, store rayé de type balayage fit... [Lire la suite]
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03 mars 2017

Il fallait que tout s'écroulât

...et puis tout s'est écrouléet puis tout s'est éclairé Il est des conversions qui ne peuvent se faire en douceur comme on en rêverait. Il est des marches qui se montent vraiment, seulement si on les dégringole. Ces à-coups-là nous déchirent, nous déroutent, nous font signe de rembobiner la pellicule qui s'emballait avec passion déraisonnable. Aux ambitieux, les murs en béton salvateurs ! C'est le seul moyen. La tempérance affichée n'est qu'enveloppe. Au fond, la machine accélère pour tenir puis casse sa courroie. Et il faut tout... [Lire la suite]
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17 février 2017

Se poser

Il est sage de savoir rendre les armes à temps. Se plier au verdict avant le K.O. Lâcher l'affaire. Abdiquer.Les coeurs-gros-comme-ça se fixent des missions aux immenses dimensions et s'inventent des combats toujours plus difficiles. Équipés de courage, de volonté et d'une persévérance hors du commun, ils s'habituent à grimper sur l'échelle, toujours plus haut, et s'aveuglent eux-mêmes de leur réussite. Alors, ils ne voient pas le mur ou le vide ou l'épuisement qui sourdaient pourtant depuis longtemps. Tout puissants sur eux,... [Lire la suite]
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12 février 2017

En pente douce

Les jonquilles ont flanché à leur heure. Tige courbée mais pétales encore lumineux, coeur gonflé d'une riche saison, feuilles encore vertes d'énergie sous le pied. Le temps venu, il fallait que cela fut. Leur mission en fin de course, elles offriront de l'ombre aux nécessiteux, aussi généreusement qu'elles élevaient les pousses de curieux. C'est l'automne, en pente douce dès l'été, accompagné plutôt que réprimé. La fougue et l'ambition d'idéaux supérieurs se rangent des bécanes et des arrosoirs. Les couchers de soleil n'ont rien à... [Lire la suite]
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29 janvier 2017

Le temps paît

Le temps s'étire pour occuper l'espace. Et l'ennui déplie le ressort de ses lettres sans aspérités pour faire comme si. Faut bien combler le vide de peur d'entendre l'écho des mornes vies résonner dans les consciences ! Par le dos de la cuillère, on étale la purée pour en remplir l'assiette puisque le sublime n'est pas au rendez-vous. On glose sans conviction sur si peu de vie et on positive en trouvant riches même les plus minables des instants. Mais là aussi, les discrets taisent leurs exploits quand les fanfarons s'inventent des... [Lire la suite]
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