04 janvier 2018

La matinée s'élève

La matinée s'élève et nous n'y pouvons rien. Aucun ordre supérieur, aucune injonction. Elle se lève. Le jour est là. Quoi qu'il soit arrivé dans l'obscurité. L'atroce et le divin ont droit à leur clarté. On tirerait les volets, les rideaux ou les paupières que rien n'y ferait, le jour est là même caché. Il prend la place. Même brumeux, épais, maussade. Il est lumière. Il éblouit certains de joie, d'autres de peurs. Il éclaire la réalité, douce ou tragique, fade ou pétillante. Le jour durera même en phase descendante, plus courbé,... [Lire la suite]
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31 décembre 2017

Lectures 2017

Janvier Le joueur d'échecs - Stefan Zweig Comment marchent les philosophes - Roger-Pol Droit Février L'homme-dé - Luk Rhinehart Mars De l'âme - François Cheng Le pays qu'habitait Albert Einstein - Etienne Klein Aussi longtemps que dure l'amour - Alain de Botton Retour sur l'accord du participe passé - Rousseau/Hondart/Herlin La fin de la plainte - François Roustang Avril La guérison par l'esprit - Stefan Zweig Une journée de bonheur - Pascal Quignard C'est dimanche et je n'y suis pour rien - Caroles Fives Chemins -... [Lire la suite]
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23 décembre 2017

Le portillon

Elle a refermé le portillon et ça a grincé dans les articulations. Elle avait le bras bas sur la clenche et, la manipulant se souvenait l'avoir déjà fait, il y a longtemps, la main au niveau du menton. Le portillon est d'un verre bouteille passé. Passé, c'est le mot. Il n'a jamais été repeint depuis son enfance. Et pourtant, par ce jour de grand soleil d'hiver, il resplendit, il reprend de la couleur, aussi lumineux que ces moules de plâtre qu'elle confectionnait pour la Fête des mères ; on les lui faisait peindre, puis, après... [Lire la suite]
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20 décembre 2017

Chaque chose en son temps

Chaque chose à son heure. Chaque chose a son heure. Ralentir le geste et ralentir le pas. Penser simple, souffler fin. Aller cheminant sur la lande des villes et relever les yeux vers un ciel allongé. Reprendre un peu d'air comme on reprend du dessert, avec plaisir et parcimonie. Empoigner son bâton de pélerin pour cheminer dans le quotidien comme si la boulangerie était Saint Jacques de Compostelle. Faire méditation de chacun de ses gestes.Dehors le tohu-bohu continue, sans soi. On l'a connu. Pas vraiment puisque que c'était de... [Lire la suite]
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01 septembre 2017

L'instant juste

Chez les pauvres on finit son assiette. Puis, on prend des habitudes, et quand on lit un livre, on le finit. Qu'il nous plaise ou pas. Un jour pourtant, on ne s'encombre plus et on ne voit pas pourquoi on s'obligerait à souffrir une lecture inutile. Pour l'assiette je ne crois pas que cela change et à ce jour je pense même qu'il n'est pas souhaitable que cela change à moins de risquer l'empoisonnement bien sûr. On a pu croire qu'un livre imprimé prouvait sa qualité, qu'un éditeur ne se risquait pas à publier du médiocre. On se... [Lire la suite]
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24 août 2017

Un masque qui démasque

J'ai nagé en douceur affublé d'un masque total laissant ma respiration aller à son rythme. Je ne comptais plus mes brasses, ne cherchais plus l'air à la surface. Les mouvements, plus lents, décidaient de mon bien-être. La vision des fonds que me permettait l'accessoire ajoutait à la tranquillité et à la communion avec les lieux. J'avais attendu six décennies avant de ne plus barboter, de ne plus chercher à m'extraire de l'eau tout en avançant, à ne plus creuser les reins pour respirer. L'invention m'apportait, bien tard, la... [Lire la suite]
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23 août 2017

Le sang des fraises

Les doigts tachés du sang des fraises, il les porta à sa bouche. Elle s'ouvrit en même temps que ses yeux se fermèrent. Et la machine du temps fit son oeuvre à l'envers. Il passa d'un coup de 85 à 5 ans. De Vierzon à Mougins. Des rhumatismes à l'innocence.On prendrait un plaisir sans fin à tirer sur ce fil, reprendre le chemin à rebours d'une vie, comme toutes les vies, riche et mouvementée, de surprises et d'habitudes, de rires et de larmes. Mais lui seul pourrait être aussi précis alignant des souvenirs, parfois clairs, parfois... [Lire la suite]
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19 août 2017

Par les mots

Que dire des mots qui n'ait déjà été dit ? Par les mots. Pour ceux dont c'est l'oxygène, le terrain de jeu, la raison d'être et l'outil maître, la question même est saugrenue. Dire les mots, c'est dire la vie. Le risque de tourner en rond et de croiser la niaiserie est grand. Alors, on s'abstient longtemps, puis on se lance. On se prend les pieds dans des sonorités voisines, des facilités, des associations bizarres et on se gargarise sans d'autre effet que celui de prêter le flanc à la critique. Car les amateurs de mots s'aiment... [Lire la suite]
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18 août 2017

Joie de la profondeur

Connaître la joie de la profondeur, ce mercure de miel qui élève, qui rend vraie toute sensation. Pouvoir jouir du monde en connaissance de cause. Un filet d'huile d'olive sur une tomate d'été comble les sens même si l'on sait qu'à la même heure à l'autre bout du monde on meurtrit des vies pour des causes abominables. Ne pas fuir le réel et s'en faire une couche douce et jamais complètement confortable, que l'éveil soit moteur et conscience de goûter l'instant qu'on couronne lui donnant toute sa force. Courir après l'éphémère... [Lire la suite]
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15 août 2017

Et puis, il y a l'enfance

Il y a le souffle et la langueur, l'ombre et le sein de la mère. Il y a la vie puisqu'on respire. Et puis, il y a l'enfance.Il y a la brindille sous le pied, le phare au loin et les bogues au sol. Il y a le temps qui n'existe pas.Et puis, il y a l'amour.Il y a la violette qui se fait parfum, l'émotion qui se fait larme. Il y a l'éternité de chaque instant.Et puis, il y a les arbres.Il y a l'embrun qui vous gifle d'aimer, la caresse de la mer. Il y a l'horizon à l'horizon.Et puis, il y a l'acqua.Il y a l'été sans messes, l'hiver... [Lire la suite]
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