26 février 2018

Le temps du cadeau

Sur le chemin du néant, c'est le temps du repos. Sans le chercher. Se poser. Se reposer. Ne rien attendre. Vivre. Douce gracieuseté, c'est l'heure du ballon de baudruche soufflé par le hasard. Plus de fil qui le guiderait, le contraindrait. Le ballon s'envole et se détend. L'espace est tout à lui. Les frontières de la physique ont sauté. C'est l'antichambre récompense, le sas de plénitude. Aux yeux des agités, ce temps semble vide. Et pourtant. Il est compact, plein, puissant. Il suffit juste de le poser comme un souffle d'air pose... [Lire la suite]
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25 janvier 2018

S'abandonner à vivre

Ne plus avoir peur du soirS'émerveiller devant le marché aux poissonsBabiller devant un bébé et lui chanter BrassensÉcrire avec le doigt martelant l'azertyVoir un ami pleurer, voir un ami pleurerRessentir sans penser qu'on ressentMettre un pied devant l'autreAdmirer le grand âgeS'asseoir deboutAller chercher son enfance dans la frangipaneRessembler à ses enfants ou l'inverseRegarder de plus en plus souvent la terre le dos courbéAller gratter l'hiver pour libérer les hirondellesPrendre le large en imprimant sa marqueÉcrire au stylo... [Lire la suite]
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13 janvier 2018

Doucement

Le pas lent sur le chemin de halage, est mouvement et patience. Le regard vers le fleuve et dans le vague se laisse griffer par l'eau salie qui descend vers une autre plus claire et salée. La boue se lave en glissant et la marche suit. Chemineau laborieux, dos légèrement courbé, il sait le temps allié. Actif, au ralenti, il fait sa part du jour. Que coule le flux, que se vide le croupi, que se lave la montagne ! Souffrance et jouissance font bon ménage. Elles savent tenir le marcheur debout et en mouvement, en équilibre de... [Lire la suite]
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09 janvier 2018

Le chercheur d'or

A force de labourer le chemin vers la vérité, à repasser sur le trait du crayon une vie durant, à en déchirer même la feuille de papier censée reproduire les années d'efforts, de réflexions, de remises en question en remises en question sans pour autant parvenir à poser un point final, pas même une respiration pour jauger son travail, pour juger son parcours, on s'éloigne de la réalité.La vérité ennemie de la réalité ? D'autres l'ont compris et exprimé avant lui. Cependant le chercheur d'or est sourd. Sa soif d'absolu le mène à... [Lire la suite]
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04 janvier 2018

La matinée s'élève

La matinée s'élève et nous n'y pouvons rien. Aucun ordre supérieur, aucune injonction. Elle se lève. Le jour est là. Quoi qu'il soit arrivé dans l'obscurité. L'atroce et le divin ont droit à leur clarté. On tirerait les volets, les rideaux ou les paupières que rien n'y ferait, le jour est là même caché. Il prend la place. Même brumeux, épais, maussade. Il est lumière. Il éblouit certains de joie, d'autres de peurs. Il éclaire la réalité, douce ou tragique, fade ou pétillante. Le jour durera même en phase descendante, plus courbé,... [Lire la suite]
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31 décembre 2017

Lectures 2017

Janvier Le joueur d'échecs - Stefan Zweig Comment marchent les philosophes - Roger-Pol Droit Février L'homme-dé - Luk Rhinehart Mars De l'âme - François Cheng Le pays qu'habitait Albert Einstein - Etienne Klein Aussi longtemps que dure l'amour - Alain de Botton Retour sur l'accord du participe passé - Rousseau/Hondart/Herlin La fin de la plainte - François Roustang Avril La guérison par l'esprit - Stefan Zweig Une journée de bonheur - Pascal Quignard C'est dimanche et je n'y suis pour rien - Caroles Fives Chemins -... [Lire la suite]
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23 décembre 2017

Le portillon

Elle a refermé le portillon et ça a grincé dans les articulations. Elle avait le bras bas sur la clenche et, la manipulant se souvenait l'avoir déjà fait, il y a longtemps, la main au niveau du menton. Le portillon est d'un verre bouteille passé. Passé, c'est le mot. Il n'a jamais été repeint depuis son enfance. Et pourtant, par ce jour de grand soleil d'hiver, il resplendit, il reprend de la couleur, aussi lumineux que ces moules de plâtre qu'elle confectionnait pour la Fête des mères ; on les lui faisait peindre, puis, après... [Lire la suite]
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20 décembre 2017

Chaque chose en son temps

Chaque chose à son heure. Chaque chose a son heure. Ralentir le geste et ralentir le pas. Penser simple, souffler fin. Aller cheminant sur la lande des villes et relever les yeux vers un ciel allongé. Reprendre un peu d'air comme on reprend du dessert, avec plaisir et parcimonie. Empoigner son bâton de pélerin pour cheminer dans le quotidien comme si la boulangerie était Saint Jacques de Compostelle. Faire méditation de chacun de ses gestes.Dehors le tohu-bohu continue, sans soi. On l'a connu. Pas vraiment puisque que c'était de... [Lire la suite]
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01 septembre 2017

L'instant juste

Chez les pauvres on finit son assiette. Puis, on prend des habitudes, et quand on lit un livre, on le finit. Qu'il nous plaise ou pas. Un jour pourtant, on ne s'encombre plus et on ne voit pas pourquoi on s'obligerait à souffrir une lecture inutile. Pour l'assiette je ne crois pas que cela change et à ce jour je pense même qu'il n'est pas souhaitable que cela change à moins de risquer l'empoisonnement bien sûr. On a pu croire qu'un livre imprimé prouvait sa qualité, qu'un éditeur ne se risquait pas à publier du médiocre. On se... [Lire la suite]
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24 août 2017

Un masque qui démasque

J'ai nagé en douceur affublé d'un masque total laissant ma respiration aller à son rythme. Je ne comptais plus mes brasses, ne cherchais plus l'air à la surface. Les mouvements, plus lents, décidaient de mon bien-être. La vision des fonds que me permettait l'accessoire ajoutait à la tranquillité et à la communion avec les lieux. J'avais attendu six décennies avant de ne plus barboter, de ne plus chercher à m'extraire de l'eau tout en avançant, à ne plus creuser les reins pour respirer. L'invention m'apportait, bien tard, la... [Lire la suite]
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