16 décembre 2016

Une main nue

« Il n'aurait fallu qu'un moment de plus pour que la mort vienne, mais une main nue, alors est venue qui a pris la mienne" écrivait Aragon (et chantait Ferré). Celui à qui personne n'a jamais sauvé la vie en aura raté un morceau. Il n'aura pas connu le goût de cette puissance de lien d'amour humain se créant universellement entre deux êtres. Car c'est là, au cœur des tréfonds du désespoir qu'on saisit l'essence de l'essentiel si les mots peuvent appuyer plus fort par cette sonorité facile. Nous étions vivants, puis morts et là... [Lire la suite]
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14 décembre 2016

Le réveil, en silence, a sonné l'heure de l'écriture

Le réveil, en silence, a sonné l'heure de l'écriture. L'esprit s'y soumet plus par non-choix que par complicité. C'est l'heure du laitier qui ne passe plus et des jeunesses titubant en quête d'équilibre. L'oeil aurait préféré refermer son volet pour ne pas le sentir s'agiter au sortir du déjeuner, plus tard. L'insomnie n'est pas nommée, puisqu'on a bien dormi. Peu certes, mais corps lourd et abandonné, le temps d'un jusant. On sera fatigué mais les mots alignés, plus ou moins disciplinés, plus ou moins sensés, se feront récompense... [Lire la suite]
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12 décembre 2016

Le mode conditionnel

Les femmes pourraient préparer une cuisine du terroir à plusieurs, sur des pianos antiques dans des casseroles en cuivre étamé qui ne feraient plus seulement déco, pour une fois, au moins. Elles riraient du passé à gorge déployée égratignant les travers des conjoints disparus. Quelques hommes, les plus alertes, pousseraient des enfants sur des balançoires à l'ombre de vieux chênes qui en auraient vu d'autres. Les plus âgés, lassés du futur, se rêveraient aventuriers devisant sur la possibilité de refaire le tour d'Irlande au bras de... [Lire la suite]
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06 décembre 2016

Naufrage au bout "de les nuits"

Nuit 1 dite noire Écrire, c'est tout ce qu'il sait faire. Même mal. Parfois bien. Parfois même très bien. Mais à quoi ça sert ? A quoi cela lui-a-t-il servi ? Je ne sais. Il ne sait. A s'isoler sans doute puisque ses mots sont inaudibles. Inaudibes à la grande majorité et aussi inaudibles à ceux qui peuvent les comprendre tant ils bousculent, fatiguent et déséquilibrent. C'est d'ailleurs ce qui lui est arrivé ; il s'est bousculé, fatigué et déséquilibré. Du coup, il est perdu, il s'est perdu.Décidé à guérir le mal par le mal, non... [Lire la suite]
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29 novembre 2016

En corps

A renouer les fils par pleins et déliés, on reconnecte les sens. La main se fait fileuse et noueuse de liens. Une ponctuation pour reprendre son souffle et la bobine repart tisser du sens. Encre cérébrale à première vue, elle se sait en son for, sang de ce corps qui reprend du pouvoir. Laboureuse tricoteuse, elle dessine des mots sans demander permission, sans chercher signification. Et signification n'est pas sens, le sens est là tout neuf, tout à lui, néo-langue primaire aux pouvoirs sans frontières. Du stylo dans les muscles,... [Lire la suite]
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11 novembre 2016

Un crayon de soleil

C'est un crayon HB de chez Faber-Castell. Noir, en papier ou de bois, suivant l'endroit du temps qui nous le mis dans les doigts. Il a été depuis supplanté par maintes inventions mais l'odeur de ses copeaux, comme frise enroulée, dentelle recroquevillée, réveille des zones du cerveau imprimées à jamais. De blouses grises en communale, de coups de règle en bonnets d'âne, de vieux poêle de fond de classe et de craie crissant sur ardoise rustique, les associations vont plus vite qu'Ariane et que Spoutnik. C'est un crayon HB de chez... [Lire la suite]
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08 novembre 2016

L'insoutenable légèreté de l'Autre

Quelques mots sur la table ont séchés d'ennui. Lettres saupoudrées comme pâtes en mémoire, elles cherchent leur place au milieu du chaos. Exsangues et moribondes, elles prient la pluie salvatrice, qu'elle vienne de larmes ruisselantes, de miction explosive ou de rayons sublimes. Solitudes agonisantes, elles ont perdu le sens. Éclats de mots fringants, elles sont débris morbides. Leur prière n'est que souffle inaudible au passant, dernier espoir de flamme embrasant l'alphabet.Agencer ses pensées peut devenir torture malgré l'aisance... [Lire la suite]
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03 septembre 2016

Au recommencement est le verbe

Se recommencer par le verbeAnaphorer l'infinitifTordre le cou aux illusionsRégler son compte à l'apparencePoser ses tripes sur la tableOffrir ses paumes quoi qu'il arriveMarcher tout droit malgré les glaivesPrendre le corps à bras la vieRendre l'attaque en poésieSavoir pleurer pour s'arroserPouvoir souffrir sans se vengerRisquer sa vie pour dire le vraiMourir d'amour comme en fictionRetrouver le sens du tragiqueRire de ses Charybde en ScyllaCirer ses bottes et repartirRessortir plume et encrierSe remettre à son clavierLaver... [Lire la suite]
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23 juin 2016

L'évolution permanente

"Qu’est-ce qui m’intéresse ?Ce qui provoque mon accroissementCe qui me renouvelle et m’augmente"Paul Valéry (Cahiers)(merci à l'ami Lelius de m'avoir offert l'introduction) Chez les assoiffés de l'évolution permanente il y a d'abord une grande naïveté qui leur fait croire qu'il s'agit d'une disposition naturelle et universelle. Ce qui leur apparaît longtemps comme une évidence est tellement fort qu'ils mettent souvent une grande partie de leur vie à prendre conscience que la plupart de leurs contemporains ne sont pas structurés... [Lire la suite]
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15 juin 2016

au petit matin

Le sublime habite au petit matin. Le sublime habite le petit matin au lieu-dit espace-temps.La ville est une jeune fille nue qui émeut le jouvenceau de tout âge pour peu qu'il sache sortir à l'heure et s'ouvre coeur et écoutilles, pores, narines et imprimante multi-dimensionnelle. Les employés de la voirie seuls témoins de l'idylle font le lien avec le réel.J'ai vu de la colline, le miroir de mer aveugler le possible. J'ai déclamé Lamartine au pied de la table d'orientation. J'ai couru comme on vole vers un sommet silencieux... [Lire la suite]
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