01 janvier 2017

Je vous souhaite...

Même si l'année 2016 a passé son temps à vouloir me donner tort, et avec une force inimaginable qui m'a dépassé vraiment, je n'en démords pas. Je publie de nouveau ce billet, d'il y a un an, sans en changer un mot : Je vous souhaite de l'intelligence.Je n'ai pas trouvé mieux. Car il n'y a pas mieux. J'ai exploré l'histoire et les tréfonds de l'âme, le sordide et le merveilleux, l'éthéré et le paléozoïque, et j'ai rendu mon âme à deux cerneaux de noix, bien nichés sous un crâne et qui sont tout mon moi.Vous avez beau me dire... [Lire la suite]
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31 décembre 2016

Le Soleil lourd

Certains ont le soleil aussi lourd que le sommeil des autres.Avoir le soleil lourd, c'est rebondir sans même le désirer. L'effort n'est que pensée de l'effort. Pas plus. Le reste vient tout seul. L'immeuble qu'on croyait toujours destiné à s'effondrer à côté de soi, comme punition pour les statiques, les passifs et les amorphes, un jour, peut s'écrouler sur soi. Certes, on a, un temps, le sentiment d'avoir présumé de ses ressources ou de la luminosité de sa bonne étoile. On est ramené au ras des pâquerettes qu'on dénonçait depuis... [Lire la suite]
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28 décembre 2016

Bescherelle me poursuit dans mon sommeil

Je suis plutôt un amoureux des verbes du 2ème groupe. Je ne sais s'il est des confréries qui se classent, se réunissent ou festoient à la gloire de leur groupe de conjugaison, mais il me plairait, non pas de me liguer (Quelle horreur !) mais pour le moins de chercher une raison à ces préférences conjugales, pour oser un bon mot.Poulidor de la grammaire, cette deuxième position m'est apparue, comme ça, en pleine nuit : j'étais des amateurs des verbes du 2ème groupe et plus d'un demi-siècle m'avait tu l'information. Qu'importe, je le... [Lire la suite]
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27 décembre 2016

Le véritable engagement

Depuis qu'on ne meurt plus de chagrin d'amour, on a perdu le sens de la dignité en même temps que celui du tragique.On ne risque plus sa vie pour cueillir un myosotis à une fille et il ne nous viendrait pas à l'idée de se coudre un ruban sur la poitrine pour prouver notre amour. Bien entendu, plus personne ne lave son honneur à l'orée d'un bois, au lever du jour et le crime passionnel a recouvert les habits du crime ordinaire, ou presque.L'époque est à l'aquarelle et pas au Pollock, à la mesure qu'on croit sage et pas au contraste... [Lire la suite]
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16 décembre 2016

Une main nue

« Il n'aurait fallu qu'un moment de plus pour que la mort vienne, mais une main nue, alors est venue qui a pris la mienne" écrivait Aragon (et chantait Ferré). Celui à qui personne n'a jamais sauvé la vie en aura raté un morceau. Il n'aura pas connu le goût de cette puissance de lien d'amour humain se créant universellement entre deux êtres. Car c'est là, au cœur des tréfonds du désespoir qu'on saisit l'essence de l'essentiel si les mots peuvent appuyer plus fort par cette sonorité facile. Nous étions vivants, puis morts et là... [Lire la suite]
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14 décembre 2016

Le réveil, en silence, a sonné l'heure de l'écriture

Le réveil, en silence, a sonné l'heure de l'écriture. L'esprit s'y soumet plus par non-choix que par complicité. C'est l'heure du laitier qui ne passe plus et des jeunesses titubant en quête d'équilibre. L'oeil aurait préféré refermer son volet pour ne pas le sentir s'agiter au sortir du déjeuner, plus tard. L'insomnie n'est pas nommée, puisqu'on a bien dormi. Peu certes, mais corps lourd et abandonné, le temps d'un jusant. On sera fatigué mais les mots alignés, plus ou moins disciplinés, plus ou moins sensés, se feront récompense... [Lire la suite]
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12 décembre 2016

Le mode conditionnel

Les femmes pourraient préparer une cuisine du terroir à plusieurs, sur des pianos antiques dans des casseroles en cuivre étamé qui ne feraient plus seulement déco, pour une fois, au moins. Elles riraient du passé à gorge déployée égratignant les travers des conjoints disparus. Quelques hommes, les plus alertes, pousseraient des enfants sur des balançoires à l'ombre de vieux chênes qui en auraient vu d'autres. Les plus âgés, lassés du futur, se rêveraient aventuriers devisant sur la possibilité de refaire le tour d'Irlande au bras de... [Lire la suite]
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06 décembre 2016

Naufrage au bout "de les nuits"

Nuit 1 dite noire Écrire, c'est tout ce qu'il sait faire. Même mal. Parfois bien. Parfois même très bien. Mais à quoi ça sert ? A quoi cela lui-a-t-il servi ? Je ne sais. Il ne sait. A s'isoler sans doute puisque ses mots sont inaudibles. Inaudibes à la grande majorité et aussi inaudibles à ceux qui peuvent les comprendre tant ils bousculent, fatiguent et déséquilibrent. C'est d'ailleurs ce qui lui est arrivé ; il s'est bousculé, fatigué et déséquilibré. Du coup, il est perdu, il s'est perdu.Décidé à guérir le mal par le mal, non... [Lire la suite]
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29 novembre 2016

En corps

A renouer les fils par pleins et déliés, on reconnecte les sens. La main se fait fileuse et noueuse de liens. Une ponctuation pour reprendre son souffle et la bobine repart tisser du sens. Encre cérébrale à première vue, elle se sait en son for, sang de ce corps qui reprend du pouvoir. Laboureuse tricoteuse, elle dessine des mots sans demander permission, sans chercher signification. Et signification n'est pas sens, le sens est là tout neuf, tout à lui, néo-langue primaire aux pouvoirs sans frontières. Du stylo dans les muscles,... [Lire la suite]
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11 novembre 2016

Un crayon de soleil

C'est un crayon HB de chez Faber-Castell. Noir, en papier ou de bois, suivant l'endroit du temps qui nous le mis dans les doigts. Il a été depuis supplanté par maintes inventions mais l'odeur de ses copeaux, comme frise enroulée, dentelle recroquevillée, réveille des zones du cerveau imprimées à jamais. De blouses grises en communale, de coups de règle en bonnets d'âne, de vieux poêle de fond de classe et de craie crissant sur ardoise rustique, les associations vont plus vite qu'Ariane et que Spoutnik. C'est un crayon HB de chez... [Lire la suite]
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