14 février 2013

Rosa Belle-Île

Rosa maîtrisait tout. C'était son défaut principal aux yeux des autres. Elle ressemblait à la comédienne Marie Bell. Et cela lui convenait. Bell. A qui cela ne plairait-il pas ?Rosa mourut le 02 janvier 2000. Juste après avoir bu une coupe de champagne pour fêter son anniversaire.Seule, face à une mer très en colère ce soir-là. La baie vitrée donnant sur le port de Sauzon pleurait des larmes hybrides, pluie et mer, gouttes et sel. Elle avait deviné. Rosa l'avait dit depuis longtemps. "Quatre-vingt dix ans,... [Lire la suite]
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13 février 2013

Boulevard Richard Lenoir

  "Boulevard Richard-Lenoir, j’ai rencontré Richard Leblanc. Il était pâle comme l’ivoire et perdait tout son sang. Tire-toi d’ici, tire-toi d’ici, voilà ce qu’il m’a dit, les flics viennent de passer, histoire de s’réchauffer, ils m’ont assaisonné" C’est ce que fredonne, tristement, Cécile, à chaque fois qu’elle regarde au dehors. Son cinquième sans ascenseur, gaz à tous les étages, de la rue Saint-Antoine est si minuscule qu’elle vit à sa fenêtre. L’horizon est une pièce supplémentaire. Elle voit sa rue comme le tronc d’un... [Lire la suite]
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12 février 2013

Selima

Le soleil retombait de nouveau sur les terrasses, grises à cette heure, et Selima sentait le froid pénétrer, traverser le fin et léger tissu qu'elle portait avec amour. Il lui avait été transmis par sa mère qui le tenait de sa grand-mère. Ce bout de chiffon avait voyagé de génération en génération, de soleil en chaleur électrique, de gel en poussière, de lavoir en lave-linge et toujours, il tenait bon. Chargé d’histoire plus que d’utilité, il était vêtement et grand-mère, souvenir et émotion, tendresse et douceur.... [Lire la suite]
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11 février 2013

Le bureau de mon père

  Le bureau de mon père, c'est juste une petite caissette de 40 cm sur 30 environ, appelée, kachêtta en patois de "chez moi". J'ai toujours vu mon père y ranger les papiers du foyer :  Les fiches de paie hebdomadaires pliées en quatre et bloquées par un élastique par année. Elles étaient d'une longueur interminable en papier calque un peu glacé. On distinguait très peu les chiffres puisqu'il s'agissait d'un deuxième exemplaire carboné. Bref, elles étaient rangées à l'extrême gauche. A droite, les... [Lire la suite]
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10 février 2013

Ma photo de la semaine

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09 février 2013

Igor et Vanessa

Igor a un beau métier. Il est steward, "hôtesse-à-couilles", comme aiment à se qualifier les loufiats embarqués. Les autres le croient homosexuel. Lui se dit pédé. Car seuls les hétéros ont des pudeurs de langage le concernant. C'est un peu comme les Blancs  qui s'interdisent de parler de nègres. Igor a donc sa négritude assumée. Depuis longtemps. Il a fait son coming out à l'âge où l'expression lui était encore inconnue. Jusque là, la vie du steward est bien huilée. Tout va bien. Il monte. Il descend. Change d'avion et... [Lire la suite]
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08 février 2013

Le fatalisme

S'il est une attitude qui reste totalement étrangère à ma compréhension, c'est bien le fatalisme. J'ai beau tourner autour, la sonder par le haut, par le bas, je n'y comprends décidément rien. Rien de rien. Hé Dieu si j'eusses étudié au temps de ma jeunesse folle, peut-être pourrais-je appréhender la chose avec plus d'éléments. Mais, c'est ainsi, il me faut apprendre en marchant. Comment peut-on imaginer un chemin tout tracé par je ne sais quelle force extérieure ? Comment peut-on croire être né avec des freins, des barrières et... [Lire la suite]
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07 février 2013

Comprendre, compassion, complaisance...

Comprendre n'est pas accepter. S'arrêter à la compréhension d'un ressenti, d'une douleur psychologique ou d'une réaction, c'est laisser l'ouverture à la récurrence."Je comprends ta peine" permet de se donner bonne conscience en se croyant bienveillant, de se donner un beau rôle ou une bonne image en se montrant humain, de soulager une douleur dans l'urgence.Mais cela ne suffit pas. Ne rien faire d'autre, c'est laisser la possibilité de voir se répéter le phénomène. Et si c'était même plus coupable et plus condamnable que de ne rien... [Lire la suite]
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06 février 2013

La niaise et l'idéaliste

Pour vous situer le personnage, une anecdote suffit : En 1981, elle a voté Giscard parce qu'elle s'appelle Valérie. Mieux! Elle allait partout disant qu'elle avait voté Giscard parce qu'elle s'appelle Valérie.N'importe quel mâle normalement constitué du ciboulot aurait fui à toutes jambes. Mais Léon n'était pas de ceux-là. Il y vit un défi, une occasion d'expérimenter sa capacité à aider, à sauver, à guider.Sortir la mignonne de sa niaiserie serait désormais son combat, sa mission. Ajoutons pour être tout à fait complet que les... [Lire la suite]
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05 février 2013

De la paresse et de la bêtise

On aurait pu commencer ce billet sur les chapeaux de roue en affirmant que "la bêtise, c'est de la paresse", citant Jacques Brel. Se le faire confirmer par Belinda Cannone "- Doit-on compléter notre réflexion sur la bêtise de l'intelligence en la décrivant comme une paresse de l'esprit ? - Cela me paraît nécessaire et juste". Puis, immodestement, renvoyer à une paresse intellectuelle décrite jadis par votre serviteur. Les liens étant actifs, cela aurait suffit à la démonstration et la Une du jour était bouclée. Mais, c'eût été pure... [Lire la suite]
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