19 mai 2017

Justice solaire

Le soleil se lève aussi sur les esprits étroits. La nature a ses lois qui troublent nos jugements. Elle fait fi du mérite, elle offre sans tri, elle déverse sans compter. Justice solaire ou puérilité coupable, qu'importe, ce pouvoir est ailleurs, il échappe à nos sens et a un sens qui nous échappe.Soit. Acceptons la sentence. Le soleil est à chacun, il bronze les tordus comme les saints, il éclaire les fripouilles autant que les coeurs purs. Alors à quoi servirait de se bien conduire, de tendre une main secourable, d'aimer son... [Lire la suite]
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29 janvier 2017

Le temps paît

Le temps s'étire pour occuper l'espace. Et l'ennui déplie le ressort de ses lettres sans aspérités pour faire comme si. Faut bien combler le vide de peur d'entendre l'écho des mornes vies résonner dans les consciences ! Par le dos de la cuillère, on étale la purée pour en remplir l'assiette puisque le sublime n'est pas au rendez-vous. On glose sans conviction sur si peu de vie et on positive en trouvant riches même les plus minables des instants. Mais là aussi, les discrets taisent leurs exploits quand les fanfarons s'inventent des... [Lire la suite]
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03 janvier 2017

Sale temps

Le temps a passé composé et le compost se cache sous la neige encore fraîche. On tirera rideau au premier rayon de bourgeon.Attendre. Attendre. Dos rond  et reins cassés. Cendres chaudes et tincelle chouchoutée.Le temps présent s'emmitoufle futur dans l'esprit du possible infinitif.Le conditionnel n'a pas lieu d'être. Ce qui sera, sera. Arrosons de vouloir sans trop d'impératif qui pourrait apeurer l'éclosion. Souffle doux pour temps long.L'imparfait est légion et s'use au jour le jour. Son bois se mouille puis s'assèche et... [Lire la suite]
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06 décembre 2016

Naufrage au bout "de les nuits"

Nuit 1 dite noire Écrire, c'est tout ce qu'il sait faire. Même mal. Parfois bien. Parfois même très bien. Mais à quoi ça sert ? A quoi cela lui-a-t-il servi ? Je ne sais. Il ne sait. A s'isoler sans doute puisque ses mots sont inaudibles. Inaudibes à la grande majorité et aussi inaudibles à ceux qui peuvent les comprendre tant ils bousculent, fatiguent et déséquilibrent. C'est d'ailleurs ce qui lui est arrivé ; il s'est bousculé, fatigué et déséquilibré. Du coup, il est perdu, il s'est perdu.Décidé à guérir le mal par le mal, non... [Lire la suite]
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08 novembre 2016

L'insoutenable légèreté de l'Autre

Quelques mots sur la table ont séchés d'ennui. Lettres saupoudrées comme pâtes en mémoire, elles cherchent leur place au milieu du chaos. Exsangues et moribondes, elles prient la pluie salvatrice, qu'elle vienne de larmes ruisselantes, de miction explosive ou de rayons sublimes. Solitudes agonisantes, elles ont perdu le sens. Éclats de mots fringants, elles sont débris morbides. Leur prière n'est que souffle inaudible au passant, dernier espoir de flamme embrasant l'alphabet.Agencer ses pensées peut devenir torture malgré l'aisance... [Lire la suite]
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23 avril 2016

Dormire Tomobile

Le monde est un vaste centre commercial qui récupère le besoin de paraître et de montrer des esprits paresseux et majoritaires pour en faire des missionnaires d'une consommation ridicule et vaniteuse. On vend du clinquant et de la référence pour permettre aux médiocres de s'enduire de fausse culture.J'ai vu Klimt décliné en parapluies, coussins et nappes, des draps de bain imprimés de Van Gogh, des portraits de Rimbaud sur des fringues hors de prix. J'ai vu des partitions de Mozart transformées en stores immondes. J'ai vu du bleu... [Lire la suite]
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28 mars 2016

La bêtise de l'intelligence

Je n'en finirai pas, n'en finirai jamais de me heurter à la bêtise de l'intelligence.De quelques racines prometteuses, ils ont fait des montagnes de guimauve. De quelques lueurs reconnues, ils ont fait des feux de cheminée factices et stéréotypés.La bêtise de l'intelligence, est bien plus condamnable que l'imbécilité aveugle et la crasse protectrice, parce qu'elle est coupable de faire de la merde avec de l'or, du bruit avec un violon, de la niaiserie avec des mots.L'effet de troupe, de groupe étale l'émotion partagée, vulgaire et... [Lire la suite]
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10 janvier 2016

Des airs de fin de dignité

Le monde, surtout chez nous, en France, prend un malin plaisir à vouloir me donner raison. Cela me flatte et m'étonne. Depuis que j'ai décidé de construire ma grotte aux confins de ce qui tourne sur place, et pas très rond pour tout dire, la toupie s'accélère et me renvoie, par effet centrifuge au plus loin chaque jour. Tant mieux. Ainsi, ma complicité, aux grincements de la mécanique rouillée et des mélodies sombres sur le fond et acidulées pour la parade, diminue. Mais, peut-être n'est-ce que mon lieu... [Lire la suite]
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29 décembre 2015

La bêtise, encore

L'émotion n'est pas trop mon domaine. Je suis plutôt du camp de la sensibilité et de la rationalité. Aussi, lorsque l'époque m'offre des insensibles fardés de bons sentiments, défilant, leur cœur en bandoulière et leurs blessures apparentes, j'ai quelques velléités à rejoindre le camp des désabusés. Car quoi ? L'émotion étalée ferait la souffrance stoïque ? L'important serait l'image et le retour du miroir social ? Si c'est le cas, c'est pur égoïsme. Inventons-nous des ennemis bien grossis, des griffes desquels on serait sorti,... [Lire la suite]
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22 décembre 2015

Présent de l'instant

Et nous irons des paquets plein les bras festoyer au son d'une ritournelle sirupeuse, ignorants du regard que nous porterons après-demain sur notre regard de demain.La machine à récurrence ne chôme pas. Les foules s'abreuvent au même tonneau. Soûlographie salvatrice d'estomac du plafond vide, ivresse des surfaces.Complices de cortège funèbre où l'on joue tous les rôles. Goutte d'eau de Panurge faisant troupeau torrent, apprentis voltigeurs, Icares nickelés.Le calendrier bégaie et tourne sur lui-même. Il encrasse les artères et creuse... [Lire la suite]
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