23 août 2017

Le sang des fraises

Les doigts tachés du sang des fraises, il les porta à sa bouche. Elle s'ouvrit en même temps que ses yeux se fermèrent. Et la machine du temps fit son oeuvre à l'envers. Il passa d'un coup de 85 à 5 ans. De Vierzon à Mougins. Des rhumatismes à l'innocence.On prendrait un plaisir sans fin à tirer sur ce fil, reprendre le chemin à rebours d'une vie, comme toutes les vies, riche et mouvementée, de surprises et d'habitudes, de rires et de larmes. Mais lui seul pourrait être aussi précis alignant des souvenirs, parfois clairs, parfois... [Lire la suite]
Posté par Claudio Orlando à 17:18 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

15 août 2017

Et puis, il y a l'enfance

Il y a le souffle et la langueur, l'ombre et le sein de la mère. Il y a la vie puisqu'on respire. Et puis, il y a l'enfance.Il y a la brindille sous le pied, le phare au loin et les bogues au sol. Il y a le temps qui n'existe pas.Et puis, il y a l'amour.Il y a la violette qui se fait parfum, l'émotion qui se fait larme. Il y a l'éternité de chaque instant.Et puis, il y a les arbres.Il y a l'embrun qui vous gifle d'aimer, la caresse de la mer. Il y a l'horizon à l'horizon.Et puis, il y a l'acqua.Il y a l'été sans messes, l'hiver... [Lire la suite]
Posté par Claudio Orlando à 18:52 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
11 août 2017

Soulages dans l’œil

Il déambulait dans les salles d'un musée de province dédiées aux oeuvres de Soulages. Depuis quelques toiles l'émotion montait, il aurait voulu tout avaler, garder, emporter peut-être. Mais il aurait surtout voulu partager cette vague au plexus qui remontait par en dessous et pouvait le faire défaillir à chaque instant. Chaque nouvelle oeuvre était un danger pour sa santé. Et la visite n'était pas finie. Jusqu'où supporterait-il autant d'émoi ? Combien de vagues viendraient sans l'emporter définitivement ? Courage. Le sublime est... [Lire la suite]
Posté par Claudio Orlando à 17:37 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
07 août 2017

Mémoire d'outre-tombe

Une sensation est venue réveiller la mémoire. L'épiderme vecteur est allé en vitesse toucher on ne sait quelle partie du cerveau pour en tirer des souvenirs, un peu vagues, nébuleux, faits autant d'images que de sons, d'odeurs et de mots, sans frontière nette entre chacun d'eux. Un matin d'été, un air un peu plus frais, un horizon plus clair, un café bien serré et un esprit serein vous transportent au château de Combourg ; un martinet au-dessus de l'eau a laissé dériver la barque de Chateaubriand. Les Mémoires d'outre-tombe... [Lire la suite]
Posté par Claudio Orlando à 10:06 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
05 août 2017

En suspens

Parfois, on est en suspens sans être suspendu. Comme un papillon décidé à jouer l'hélicoptère avec ou sans battement d'ailes, on survole le tout. Détaché et pourtant là, on attend la scène suivante, certain qu'à tout instant on pourrait décider du mouvement parfait en fonction du spectacle extérieur. Et on peut tenir longtemps. Aucun fil qu'on ne maîtriserait pas ne peut nous contraindre ou nous retenir. Le vol suspendu est de notre seule volonté et de tout notre état intérieur. Les choses vont bouger, les évènements se succéder et... [Lire la suite]
Posté par Claudio Orlando à 12:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
21 juillet 2017

La boîte à souvenirs

J'allais lui rendre visite toutes les deux ou trois semaines. Le dimanche. La maison de retraite avait des airs d'hors-saison. Je restais une heure et demi, deux heures. Nous nous tenions compagnie. Il m'ouvrait sa boite à souvenirs. 95 ans d'anectodes s'y trouvaient. Comme quand on fait des lasagnes, une couche de joies, une couche de peines, une couche d'éclats, une couche sereine. L'échange était facile. Aucun des deux ne cherchait à combler les silences, à trouver des sujets. Tout venait naturellement, par associations d'idées... [Lire la suite]
Posté par Claudio Orlando à 09:44 - - Commentaires [2] - Permalien [#]

10 juin 2017

Le matelas de la mélancolie

Qu'il est bon quelques fois, pas trop souvent, de poser son esprit sur le matelas de la mélancolie, retrouver ses madeleines sans nostalgie, ressentir son enfance sans regrets ! Relâcher ses tendons, abandonner ses organes et aspirer les pensées pour donner rendez-vous au cocon de sa boîte à souvenirs, amicale compagne d'un chemin d'avenir. Couché sur le passé et les jambes impatientes, on se laisse porter à trois mètres du sol par un TGV champêtre aux vapeurs de lilas. Douce et joyeuse mélancolie qui n'oublie pas le réel et... [Lire la suite]
Posté par Claudio Orlando à 11:32 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
03 mai 2017

Envie de fraises et de Moustaki

Encore une fois confondre Musset et Vigny, avoir envie de fraises et de Moustaki, chercher le soleil entre les effluves du figuier. Avoir la nostalgie du futur, regretter de ne pas y séjourner longtemps, tricoter son chemin les bras en avant.Cultiver son jardin à l'ombre des bibliothèques, crépiter dans son ventre les braises du savoir, s'assoupir satisfait d'avoir monter les parpaings.Vivre dans un livre d'histoire et un pays de droits acquis, houspiller les pauvres qui se voudraient bourgeois, s'asseoir en hauteur et contempler... [Lire la suite]
Posté par Claudio Orlando à 12:33 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
19 avril 2017

J'ai planté du jasmin

J'ai planté du jasmin sur une histoire abstraite. Il a poussé dans le vide en renforçant des liens. Il sent plus que tout autre sans terreau palpable. Il embaume l'éternité pour les seuls nez sensibles. Les bourrins du vulgaire se tournent vers les chimies des grandes surfaces pour se donner des illusions de mai. Les coeurs purs font, d'un sentiment certain, des jardins sans efforts.J'ai planté du jasmin un matin de printemps. Je me fous des gelées et des saints à venir, je plante quand je veux des graines de plaisir. La floraison... [Lire la suite]
Posté par Claudio Orlando à 20:40 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
17 avril 2017

Le jour de clarté

Le trop-plein de joie crée parfois le vide. L'air se raréfie alors qu'il emplit le corps. Il déborde et c'est l'oxygène qui étouffe de bien-être. Trop plein et tout vide. Le mouvement se paralyse, on ne sait plus où donner de l'action. Trop à faire et rien à faire. Immobile de trop de désir. L'amour de la vie en bandoulière on chemine sans autre carburant et sans autre besoin. Tout est là. Complet. Compact. Parfait. Tout est bien. Mais l'estomac se creuse en apnée de nourriture, vide de tout ce qui est inutile, plein d'essentialité.... [Lire la suite]
Posté par Claudio Orlando à 09:04 - - Commentaires [5] - Permalien [#]