10 juin 2017

Le matelas de la mélancolie

Qu'il est bon quelques fois, pas trop souvent, de poser son esprit sur le matelas de la mélancolie, retrouver ses madeleines sans nostalgie, ressentir son enfance sans regrets ! Relâcher ses tendons, abandonner ses organes et aspirer les pensées pour donner rendez-vous au cocon de sa boîte à souvenirs, amicale compagne d'un chemin d'avenir. Couché sur le passé et les jambes impatientes, on se laisse porter à trois mètres du sol par un TGV champêtre aux vapeurs de lilas. Douce et joyeuse mélancolie qui n'oublie pas le réel et... [Lire la suite]
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03 mai 2017

Envie de fraises et de Moustaki

Encore une fois confondre Musset et Vigny, avoir envie de fraises et de Moustaki, chercher le soleil entre les effluves du figuier. Avoir la nostalgie du futur, regretter de ne pas y séjourner longtemps, tricoter son chemin les bras en avant.Cultiver son jardin à l'ombre des bibliothèques, crépiter dans son ventre les braises du savoir, s'assoupir satisfait d'avoir monter les parpaings.Vivre dans un livre d'histoire et un pays de droits acquis, houspiller les pauvres qui se voudraient bourgeois, s'asseoir en hauteur et contempler... [Lire la suite]
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19 avril 2017

J'ai planté du jasmin

J'ai planté du jasmin sur une histoire abstraite. Il a poussé dans le vide en renforçant des liens. Il sent plus que tout autre sans terreau palpable. Il embaume l'éternité pour les seuls nez sensibles. Les bourrins du vulgaire se tournent vers les chimies des grandes surfaces pour se donner des illusions de mai. Les coeurs purs font, d'un sentiment certain, des jardins sans efforts.J'ai planté du jasmin un matin de printemps. Je me fous des gelées et des saints à venir, je plante quand je veux des graines de plaisir. La floraison... [Lire la suite]
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17 avril 2017

Le jour de clarté

Le trop-plein de joie crée parfois le vide. L'air se raréfie alors qu'il emplit le corps. Il déborde et c'est l'oxygène qui étouffe de bien-être. Trop plein et tout vide. Le mouvement se paralyse, on ne sait plus où donner de l'action. Trop à faire et rien à faire. Immobile de trop de désir. L'amour de la vie en bandoulière on chemine sans autre carburant et sans autre besoin. Tout est là. Complet. Compact. Parfait. Tout est bien. Mais l'estomac se creuse en apnée de nourriture, vide de tout ce qui est inutile, plein d'essentialité.... [Lire la suite]
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06 avril 2017

Des ailes au conditionnel

On habiterait une goutte d'eau climatisée. On rebondirait sur un chemin champêtre sentant bon l'enfance. On pourrait être larme sans tristesse ou poire sans soif, vecteur de souple et pluie de bien. On irait voir les pêcheurs ramener les filets et les boulistes jurer en marseillais. On tirerait des caddies à roulettes débordant de fruits d'été l'été et de fruits d'hiver l'hiver. On ferait de la ratatouille et du tiramisù à l'abri des jaloux. On s'enlacerait d'amour sans rien devoir à personne et en chipant des comptes qu'on ne... [Lire la suite]
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01 avril 2017

Une chemise d'homme

Elles ne sont jamais plus féminines qu'avec une chemise d'homme trop longue sur des jambes nues. Même les plus ingrates y dévoilent d'insoupçonnables charmes. Pour peu que la chemise soit la vôtre, vous êtes doublement touché, peut-être même coulé. Le café chaud sur le plateau et la terrasse baignée de petit matin de juin complètent le tableau. La chemise est blanche et les sourires aussi. C'est l'aube de la vie, le jour de votre naissance. Même à pas d'âge. Au diable les régimes et les bonnes résolutions, les tartines... [Lire la suite]
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24 janvier 2017

Suite

Sec et droitBlanc fier son riche car verte humeur simple tweet denseHeure et jourPlasma équivoque soirée fertile mots clerc doux suite sainte blés trainManger et boireCertain plus kyrielle instant flèche école cuistre étourdi terribleRêve et sommeilVigne longe vermicelle stade crèche mixture fumigène jeu toundra plancheTemps et statutGomme fluide terme arythmie fruit graal moulin bromure succulent grincheuxAir et âgeWagon traîneau servitude question plume urticaire ambition huis merceriePlage et bleueXylophone cuve reste litige... [Lire la suite]
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22 janvier 2017

Comme un gâchis

Le temps n'existant pas, le mouvement se suspend. L'ombre caresse les envies et les aplatit. L'hiver dans l'antre de chacun, plombe. C'est l'attente. L'heure des dos courbés et des nostalgies amères. Au creux des reins se font sentir les ans et on s'étonne d'avoir tenu tant. De rires en larmes et de cascades en lunes de miel, nous étions les mêmes, à suivre un destin tortueux qui ne se vit pas, qui se voit seulement dans la mémoire d'un rétroviseur forcément personnel.La vieillesse de l'année fera long feu aux matins lumineux.... [Lire la suite]
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17 janvier 2017

Leçon de choses

Les sarments qui brûlent crépitent comme des eaux qui craquent liquide. Les soleils noirs d'Hugo ont des joyeusetés fortes. La fin sent bon. Tirer le volet et sentir son grincement dans son corps rend la vie vivante, surtout celle qui s'en va. Au loin, des bruits de ville s'entretuent sans vainqueur. La campagne attend mon heure. La beauté du sordide sort des sables et l'objectif fait le point en automatique. C'est la vie qui prend corps sans le ranimer. L'essentiel a des parfums de... [Lire la suite]
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12 décembre 2016

Le mode conditionnel

Les femmes pourraient préparer une cuisine du terroir à plusieurs, sur des pianos antiques dans des casseroles en cuivre étamé qui ne feraient plus seulement déco, pour une fois, au moins. Elles riraient du passé à gorge déployée égratignant les travers des conjoints disparus. Quelques hommes, les plus alertes, pousseraient des enfants sur des balançoires à l'ombre de vieux chênes qui en auraient vu d'autres. Les plus âgés, lassés du futur, se rêveraient aventuriers devisant sur la possibilité de refaire le tour d'Irlande au bras de... [Lire la suite]
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