03 mai 2013 (5)

Sur le chemin de la vie, on croit passer son temps à apprendre, à grandir, à être plus complet. Ce n'est pas totalement faux, mais, la réalité est que ce temps est surtout passé à accepter.
Accepter nos limites, nos faiblesses, notre vulnérabilité. Accepter sa gueule, sa famille, les autres. Accepter l'imparfait, l'incertitude, l'inéluctable. S'accepter.
A chaque fois, il nous faut travailler dur pour passer du sentiment d'impuissance ou d'échec à l'acceptation libératrice. Et plus on accepte, plus on se libère.
Et une acceptation n'en sert pas une autre. Il faut se remettre au travail. On freine, on freine et finalement on lâche. On ne peut digérer les choses avant de les avoir ingurgitées. On culpabilise de se résigner, de baisser les bras ou d'avaler des couleuvres, alors qu'on n'a fait que changer d'angle et de perception.
Accepter que les enfants nous échappent, accepter la souffrance, la trahison, les débordements d'émotions, la vitesse du monde, une vie qui nous dépasse. Tant de choses qu'on croyait pouvoir maitriser, qu'on voulait soumettre à notre volonté, et qui usaient nos corps, vidaient notre réservoir d'énergie.
On finit par accepter la maladie mortelle, la mort d'un proche, les ravages écologiques. On finit même par accepter la mort, sa propre mort, s'imaginant au sommet de la sagesse. Tranquille, on l'attend, on l'a apprivoisée d'avance. Puisqu'on ne pourra faire le deuil de sa vie après, faisons-le avant. Et nous voilà, sereins, patients, vivants déchargées de peur. Enfin, vraiment vivant !
Si on a accepté la mort, c'est que plus rien ne peut nous arriver. Vivant et libre, en plus. La vie est belle, vivons.
Mais voilà que l'esprit s'embrouille. Quelque chose ne passe pas. Quelque chose qui serait plus fort que la mort ? C'est impossible. Pas sûr.
L'injustice a frappé à la porte. Comment accepter l'injustice ? Qui peut être assez détaché pour accepter l'injustice ? Pas moi. Ou pas encore.