Je devais bien être le seul, en ces temps, à me revendiquer de Gauche et à voter Sarkozy au second tour des Présidentielles. Je faisais encore plus bizarre puisque j'annonçais que c'est PARCE QUE j'étais de Gauche que je votais Sarkozy. Inaudible, bien sûr. J'osais exprimer l'idée que, selon moi, l'économie décidait d'à peu près tout et que le programme du candidat Hollande m'apparaissait désastreux. Aussi, le meilleur que je pouvais faire pour les défavorisés, c'était de tenter d'éliminer le candidat socialiste. Toujours aussi inaudible.
Je fais bref. Soit j'avais raison, puisque le Président Hollande a tellement changé sa politique économique qu'elle ressemble vraiment beaucoup au programme de son concurrent de l'époque. Soit j'avais tort de ne pas avoir vu que le socialiste était un grand tacticien qui savait ce qui était bon pour la France, mais l'avait d'abord gardé caché, puis au chaud pendant 18 mois, pour pouvoir l'appliquer. Malin, le gars. Le social-libéral enveloppé dans le social-démocrate me va bien, foi d'un "sous le seuil de pauvreté".
Donc, je ne suis ni un déçu du Sarkozisme, ni un déçu de l'Hollandisme. Tout au plus un déçu du Bayrouiste de François qui a fait le mauvais choix le moment venu.

Au niveau local, je suis un déçu du Mottardisme. Et le mot est faible. Je suis triste. Je suis amer. Je suis effarré. Après avoir soutenu, à ma manière, ceux qui voulaient faire de la politique "Autrement" pendant des années, leur avoir fait confiance, avoir même tenté de les freiner dans leur virulence contre le premier fédéral du PS après leur exclusion du dit parti pour dissidence. Après avoir cru, tout naïf que je suis, les déclarations contre l'opportunisme et le cynisme en politique. Après avoir enregistré tous les noms d'oiseaux proférés par leurs très proches à l'endroit du bunker Biscarra, la rue de Solférino locale, après avoir partagé le vin et la socca, la galette et les embrassades. Après avoir fait le nombre dans les meetings, après avoir passé du temps et de l'énergie, sans qu'on ne m'ait rien demandé certes, à défendre le camp que je croyais être celui de la vertu... Après tout cela, mes espoirs d'hier vont s'acoquiner avec l'ennemi d'hier. Aux pieds, ma sincérité. Eux, acoquinés et moi cocu. Alors, les photos de liesse des rabibochés, satisfaits d'eux-mêmes donnent la nausée à certains. Même aux plus détachés. La preuve. A posteriori, on comprend mieux l'éloignement, au fil du temps, de têtes bien faites et désintéressées. On apprend, on apprend.

En résumé : en tant qu'homme de Centre Gauche et Libéral, je soutiens le virage économique de notre Président et, au niveau local, je vais partager la galette et les poignées de main avec une liste trans-partisane menée par Olivier Bettati et Marc Concas. Rendez-vous dans quelques années pour parler, éventuellement, de déception.