21 août 2014 (3)

J'en appelle aux gentils, les trop cons, paraît-il. A ceux qui se culpabilisent eux-mêmes d'être si naïfs, si vulnérables face à la dureté de la vie en société. Ceux à qui l'on dit de penser un peu à eux, que s'ils ne montrent pas les dents, ils vont se faire bouffer. Ceux à qui on ose écrire de ne plus être gentils, mais d'être vrais. Comme si être gentil n'était pas être vrai. Ceux qui, prenant la porte sur le nez s'empressent de retenir le retour qui pourrait effleurer l'abruti qui la leur a balancée. L'autre joue ? Et alors !
Alors, chers camarades de la confrérie des gentils, je vous exhorte de ne pas entrer dans la danse guerrière où on veut vous entraîner. C'est qu'on sait bien que vous êtes démunis dans ce combat-là. Vos armes humanistes ne font pas le poids devant leurs couteaux acérés, vos caresses du coeur font long feu sur les peaux insensibles, sur la pierre glaciale et les cerveaux tordus.
Gentil n'est pas pusillanime, vous êtes gentils parce qu'humains, tout simplement. Vous avez l'altruisme intégré, vous êtes nés "toutes options comprises". Mais, pas comprises par tous, hélas ! Sans relâche Camarades, ne rendons pas la monnaie. Peut-être ne comprendront-ils jamais ? Qu'importe, notre chemin est droit comme le restera notre buste. Eux, ils crouleront de leurs erreurs, de leurs attaques boomerang, de leurs remords bouffeurs.  Tous nos comportements devaient, en toute logique, préparer leur conversion, ouvrir leur esprit, amener à la rédemption. Hormis quelques miracles, le statu quo l'emporte et les plis froissés sont pris. Ils ont préféré s'acheter quelques pavés best-sellers de l'humanisme et les laisser trôner sur une table basse ou une table de chevet, juste pour montrer, montrer comme un comédien, un tricheur, un imposteur. Ils savent argumenter en creux pour bien montrer qu'ils sont du bon côté du manche, mais, en douce, sous le manteau, ils dégainent leurs lames. Lâches, ils n'attaqueraient pas plus fort qu'eux, ils se font la pourriture sur le dos des gentils.
Alors, soyons gentils, restons gentils, car, comme dit la chanson "les méchants, c'est pas nous". Faut juste qu'on le sache, faut juste qu'on est l'immodestie de le dire, le crier haut et fort : LES MÉCHANTS, C'EST PAS NOUS !
Crions, crions, même en silence, crions que notre force à nous, celle qui passera les ans, les murs et les époques, c'est d'être gentil.
Il n'y a pas de honte à penser à son prochain. Aucune. C'est un honneur, une joie, une ressource infinie.
Penser d'abord aux autres, c'est penser à soi. Penser d'abord à soi, c'est ne penser qu'à soi. Cultivons ce que nous ne pourrons pas changer. Puisque nous sommes gentils, soyons encore gentils. Que les autres se soignent. Nous fournissons l'ordonnance sur demande... et gratuitement.

Rappelons-nous que c'est pas con, d'être gentil, pas con du tout ! C'est même bon pour la santé. Et, relevons la tête... "les méchants, c'est pas nous !"