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Cet été, je revisite ma bibliothèque.

Sous l’effet d’une boulimie de lecture qui ne semble pas vouloir se calmer, ma bourse commence sérieusement à s’en ressentir. Il faut dire que j’aime les livres neufs et que j’aime en être propriétaire. J’ai encore cet attachement matériel. A l’occasion de quelques déménagements, j’ai pu élaguer les étagères de ma bibliothèque, mais il n’en reste pas moins que ces temps-ci, elle gonfle et déborde à l’inverse de mon porte-monnaie.

Aussi, je vais faire une pause dans les achats et je passerai l’été à revisiter mes rayonnages de livres conservés précautionneusement. Certains auront échappé à la lecture, comme toujours. La plupart auront été parcourus, mais par des yeux plus jeunes et dans des états différents.

J’en retirerai sans doute quelque chose de nouveau et c’est bien. Car lire « Les Nourritures terrestres » à 60 ans et les avoir lues à 25, cela ne doit pas être tout à fait la même chose. Je le vérifierai.

C’est donc un choix financier qui ouvrira sur une découverte. Pourquoi pas ? Je me fais une joie de dénicher des perles qui auront dormi des décennies si près de moi sans faire de bruit, des personnages sortant de leur coma, des tirades remises en musique.

Vais-je y retrouver un jeune homme que je connais bien ? Un marque-page fané ? Une madeleine doucereuse ? Les mots auront-ils la même couleur, le même parfum ? Vais-je relire ou lire vraiment ? Trouver des entre-lignes qui m’avaient échappé ? Comprendre ce que j’avais ressenti ? Ressentir ce que j’avais compris ?

L’aventure se dessine bien. Elle crée déjà quelques émotions dans le ventre. J’ai rendez-vous avec le passé et la surprise en même temps.

Et si les livres, comme moi, avaient vieilli ? Si les pages jaunies profitaient de ma visite pour se détacher, s’émanciper, s’envoler ? Si les lettres se défilaient, s’en allaient ailleurs créer d’autres écrits ? Si les mots se mélangeaient ?

Que Vargas Llosa et Don Rodrigue se saluent ! Que Maupassant et Siddartha se disputent ma lecture ! Que les sœurs Groult bousculent Mishima et Martin Eden ! Que Bukowski nous engueule tout ce monde !

J’ai hâte. Je trépigne. Je suis tout neuf de vieilleries.

Cet été, ma bibliothèque me revisite.