03 décembre 2017 (15)

La sagesse est un renoncement. Un sublime renoncement. Apaisant, tranquille, gaules rangées, alignées au fond du cabanon et regard doux embrassant l'expérience et le possible, et fixant sans tension l'instant de conscience consistante.
Sublime renoncement, disais-je. De celui qui vous a fait découvrir derrière les batailles sans vainqueurs et les ébullitions sans résultat, des pépites qui dormaient au fond de paysages embrumés par le mouvement.

On n'a pas baissé les bras, on a ouvert la porte. On a renoncé à l'illusion. Quelle joie ! Le réel s'est invité, doux ou cruel, souvent tragique et vide de sens, mais c'est le réel. Il sort vainqueur. Toujours. Il suffira de savoir le prendre, parfois l'apprendre. Le modeler ? Le travestir ? C'est fuir et s'user. L'accepter tel qu'il est, c'est s'en faire un compagnon de route enfin trouvée. La chaotique, la tortueuse, la défoncée et la route pourtant, sa route.
J'ai renoncé aux illusions sans perdre mon élan que j'étale dans le temps, plus plaine que pic, plus baume que feu.

La sagesse est un renoncement et une acceptation. L'illusion, un embrasement inutile et éreintant. Que l'on passe de l'autre à l'un est plutôt sain, il faudra avoir fourbu son corps pour lui offrir le repos.
L'eau se calme et respire, elle coule au ralenti vers la mer. Le torrent fougueux a lissé ses muscles, poli les humeurs, dompté les tempêtes. J'ai mangé du réel aux confins de mon âge et j'y ai trouvé mon compte. Posément.